jeudi 7 juillet 2011

Pain Kubaneh: pain doux très tendre du Yemen

Préparé pour le repas de cuisine juive séfarade, ce pain a été englouti en moins de deux. Il faut dire qu'il a quelques arguments, c'est un pain très doux, presque une brioche et comme il est cuit en cocotte, il reste incroyablement moelleux. Si on ajoute qu'en plus il est formé de plusieurs spirales agrémentées de ghee (du smen dans la recette originale, c'est à dire du beurre clarifié fermenté) on comprend qu'il soit aussi addictif, surtout que je l'ai servi encore tout chaud, juste sorti du four. J'ai trouvé la recette dur le blog GASTROnomi, mais j'ai seulement suivi les grandes lignes. Dans les familles juives yéménites, le pain est pétri et mis au four le vendredi soir, puis laissé à cuire toute la nuit à four doux, de façon à ce qu'il soit prêt le samedi pour le Shabbat. Ma version est cuite plus rapidement pour les impatients.
Nous avons mangé ce pain en apéritif, trempé dans du Hilbeh traditionnel yéménite (à base de poudre de fenugrec) et de la mhammara de Syrie (dip de poivrons grillés).



Ingrédients:

700g de farine blanche
1 cuill à café de gingembre en poudre
1 cuill à soupe de miel liquide
1 cuill à café de sel
1 cuill à café de levure sèche
huile d'olive
ghee (8 cuill. à café environ)


Préparation:

 Si vous avez le temps, faites une 'poolish' rapide, en mélangeant la levure, 3 cuill. à soupe de farine et assez d'eau tiède pour obtenir une pâte liquide, laissez reposer 1h: le mélange devrait alors être mousseux. Mélangez ensuite la farine, la poolish, le gingembre, le sel, le miel et ajoutez assez d'eau tiède pour obtenir une pâte pas trop sèche, possible à travailler mais qui colle aux doigts. Pétrissez sur un plan de travail huilé à l'huile d'olive (ça évite d'ajouter trop de farine) pendant 10 minutes environ: la pâte sera alors élastique et moins collante. Formez une boule, déposez la dans un saladier huilé, recouvrez d'un linge humide et laissez lever dans un endroit chaud pendant 1 à 2h, jusqu'à ce que la pâte ait doublé de volume.
Au bout de ce temps, abaissez la  pâte d'un coup de poing rageur, pétrissez une minute puis séparez la en 8 parties égales.


Huilez les bords d'une cocotte allant au four avec de l'huile d'olive et chemisez le fond de papier sulfurisé.
Enduisez vos mains et le plain de travail d'huile d'olive. Prenez un des 8 pâtons, étalez le à la main jusqu'à obtenir un cercle d'environ 15cm de diamètre, déposez et étalez au centre 1 cuill. à café de ghee ramolli puis repliez comme une enveloppe: le tiers supérieur sur le centre, le tiers inférieur par dessus et enfin roulez en une petite spirale que vous placez au fond de la cocotte, spirale visible sur le dessus. Continuez avec les autres pâtons en plaçant les spirales les une à côté des autres mais sans être trop serrées.


Couvrez et laissez lever 1/2h à 1h, placez ensuite au four (cocotte couverte) , th 8 pendant 30 minutes, puis baissez à th 4 et laissez cuire encore 45 minutes. Sortez du four, laissez reposer un peu avant de démoulez.
Déguster encore tiède avec ce qui vous fait plaisir.



Bon appétit!

lundi 4 juillet 2011

Cocktail mastic-dattes-amandes et repas juif séfarade

Suite de nos découvertes culinaires entre blogueurs, le thème du mois pour notre repas était la cuisine juive séfarade, c'est à dire le cuisine juive du sud de l'Europe, riche des contacts et des mélanges de la culture juive avec tous les pays où des juifs se sont établis à travers les siècles. J'étais en charge de l'apéro, et je me suis tourné vers les juifs du Yémen et de Syrie, avec pour le cocktail une invention de mon cru, aux saveurs de mastic, sirop de dattes et amandes, puisque le mastic de Chios est traditionnellement utilisé pour parfumer certains alcools comme l'arak dans certaines régions du Moyen-Orient. Le pain pour l'apéritif était un Kubaneh du Yémen, servi avec du hilbeh (dip épicé à base de poudre de fenugrec assez amer) et de mhammara (dip Syrien à base de poivrons grillés).

Pour l'entrée, Fanny nous a servi une tchoutchouka, inspirée par ses souvenirs de cuisine juive pied-noir:


 Apolina est allé chercher du côté des juifs présents en Inde pour un poulet à la menthe et aux carottes, servi avec des aloo makkala: pommes de terres cuites longuement dans l'huile:





Enfin Marion, pour le dessert, s'est inspirée de la cuisine juive espagnole pour un gâteau léger au citron, servi avec une mousse également au citron:



Pour l'apéro j'ai donc réalisé un cocktail avec de la vodka parfumée au mastic. Le mastic est la sève du lentisque pistachier un arbuste méditerranéen, dont on récupère la sève sur l'île de Chios (en Grèce) pour parfumer les desserts et certains plats à travers tout le Moyen-Orient. Le goût est résineux et un peu amer, les grains secs de mastic peuvent se macher comme du chewing-gum (d'où le nom) et auraient des propriétés antiseptiques, notamment contre les bactéries hélicobacter responsables de nombreux ulcères.
Pour obtenir ma vodka au mastic, j'ai simplement placé quelques grains de mastic dans une petite bouteille de vodka et j'ai laissé infuser plusieurs semaines (désolé, pas de photo du cocktail, tout occuppé à servir, j'ai oublié d'en prendre! ;-).

Ingrédients:

Vodka infusée au mastic
Vodka
sirop de dattes
sirop d'amande ( trouvé en épicerie indienne: sans arôme, juste des amandes, du sucre et de l'eau)
Eau gazeuse (eau de Seltz au siphon pour moi)


Préparation:


Mélangez au shaker 1 dose de vodka parfumée au mastic, 5 doses de vodka pure, 1/2 dose de sirop de dattes et 1/2 dose de sirop d'amandes. Frappez avec des glaçons, et servir allongée d'eau de Seltz.

A la votre!

vendredi 1 juillet 2011

Cocktail 'Pantoufle japonaise' (Japanese slipper)


La "pantoufle japonaise" (japanese slipper en version originale) est un cocktail moderne inventé en 1984 par Jean-Paul Bourguignon à Melbourne, à partir du Midori, cette délicieuse liqueur au melon japonaise (Midori signifie 'vert émeraude' en japonais). Développée au Japon, par la firme Suntory, la liqueur verte a ensuite été commercialisé partout dans le monde à partir des années 80. Elle n'est toutefois pas très facile à trouver. A Bruxelles, je l'ai dégottée chez Mig's (les parisiens la trouveront chez Izrael je pense). Le goût du Midori est celle d'un melon frais, qu'on appellerait chez nous melon espagnol, et sa couleur est d'un vert intense assez fascinant.


Ingrédients:

1 volume de Midori
1 volume de Cointreau (ou de liqueur du pendu)
1/2 volume de jus de citron
des glaçons

Préparation:

Frappez tous les ingrédients au shaker jusqu'à ce que celui se couvre de buée. Servir directement dans des verres à cocktail.

A la votre!

mardi 28 juin 2011

Salade japonaise de radis daïkon et abricots secs

Léger changement de décor pour le blog, pour le rendre un peu plus aéré. Autre nouveauté: vous pouvez maintenant suivre les mises à jour directement sur facebook: il vous suffit pour ça de suivre le lien de la page à droite de ce message et de cliquer "j'aime" (si vous aimez, hein, sinon faut pas vous forcer! ;-).

Pour la recette du jour, un exemple de cuisine japonaise, simple et délicieuse, idéal à apporter en pique-nique par exemple.Une recette végétarienne telle qu'elle se prépare dans les temples au Japon. L'association du blanc (le radis daïkon) et du rouge (les abricots secs, oranges en fait) est associée aux fêtes au Japon, en partie car cette association évoque les couleurs de drapeau (de la même manière qu'une prune umeboshi servie sur un riz blanc). J'ai utilisé des abricots secs irakiens (trouvés en épicerie orientale) car ils sont très secs et peu sucrés. En marinant ils se sont gorgés des saveurs du saké pour un goût très doux et délicat.






Ingrédients:

1 radis blanc daïkon
1 belle poignées d'abricots secs non sucrés
1 verre de saké
2 cuill à soupe de vinaigre de riz
1 cuill à café de sucre
1 pincée de sel



Préparation:


Hydratez les abricots secs avec le saké, en complétant avec de l'eau bouillante pour les recouvrir.
Pelez le radis daïkon. Coupez le en tranches fines, puis superposez quelques unes de ces tranches et coupez à nouveau pour obtenir une julienne fine. Saupoudrez la julienne de daïkon d'1/2 cuill à café de sel, mélangez bien et laissez reposer 1/2h (jusqu'à 2h si besoin).
Diluez le sucre dans le vinaigre de riz et ajoutez une pincée de sel (vous pouvez utilisez du mélange 'vinaigre sucré pour riz à sushi si vous en avez).
Après le temps de repos, rincez le daïkon à l'eau et pressez la julienne entre vos mains pour en extraire le maximum d'eau. Égouttez les abricots réhydratés, coupez les également en julienne.
Mélangez bien daïkon, abricots et vinaigre sucré, et servez en accompagnement d'un repas japonais ou tout simplement avec un bol de riz (la salade peut être conservée 1 journée au frigo, les saveurs seront alors encore plus mêlées).


Bon appétit!