mardi 31 mars 2015

Morue à la potasse comme en Norvège (Lutefisk) et beurre blanc à l'ail des ours




Traiter du poisson séché et salé à la potasse? Quelle idée étrange! C'est pourtant une recette norvégienne très classique qui se préparait traditionnellement avec des cendres de bois de bouleau. Aujourd'hui on le fait au carbonate de potassium, et -bonne nouvelle si vous ne pouvez aller en déguster à Oslo- on peut le faire assez facilement à la maison. La technique n'est pas utilisée pour changer le goût du poisson, elle en modifie surtout la texture: la chair devient quasi-translucide au coeur et la texture gelatineuse.

Lutefisk après trempage et avant cuisson


Pour obtenir ce résultat il vous faudra deux ingrédients: du poisson séché et salé (klippisk en Norvège, mais de la morue comme au Portugal ce sera parfait également, c'est la même chose) et de la 'potasse'. Pour la potasse, on en trouve en épicerie chinoise sous l'appellation 'Lye Water' (souvent tradut en français comme 'eau de lessive' ;-)).

Pour accompagner ce lutefisk, j'ai préparé des pommes de terres cuites au diable et un beurre blanc à l'ail des ours du jardin: ça m'a rappelé quand j'étais plus jeune et que ma maman me donnait comme tâche d'émulsionner le beurre blanc, un classique dans la région nantaise d'où je suis originaire.




Ingrédients:

2 morceaux de Klippfisk (ou morue séchée salée)
2 litres d'eau
2 cuill à soupe de potasse non caustique (Lye Water, K2CO3)

Pour le beurre blanc au l'ail des ours: j'ai utilisé la recette de Chef Simon en remplaçant la ciboulette par de l'ail des ours du jardin finement ciselé.


Lye Water - Eau de chaux


Préparation:

Faites tremper la morue dans beaucoup d'eau froide au frigo pendant 4 jours, en changeant l'eau tous les jours.
Le 5ème jour, mélangez l'eau de chaux et l'eau et trempez le poisson dans ce mélange, dans un récipient en verre ou en faïence (évitez le métal. Laissez tremper au frigo pendant 48h.
Rincez le poisson (qui doit avoir déjà bien gonflé) puis remettez le à tremper 5 à 6 jours dans de l'eau propre, en changeant à nouveau tous les jours.

Le jour du repas, rincez une dernière fois le poisson et faites cuire à chaleur douce (le poisson, très gonflé et dont les protéines sont en parties dégradées est fragile). Je l'ai fait cuire quelques minutes à la vapeur douce, juste saupoudré de sel.

Servez chaud avec des pommes de terres et la sauce de votre choix.

Bon appétit!

vendredi 27 mars 2015

Poulet rôti farci de pommes de terre


 
Pour un poulet rôti parfait, le plus difficile est d'obtenir une peau craquante, des cuisses bien cuites sans pour autant trop sécher les blancs. Une méthode que j'aime beaucoup consiste à mariner le poulet entier dans du lait battu (lait ribot), mais il faut s'y prendre la veille.
Ici la méthode est plus rapide et infaillible: on isole les blancs par une couche de pommes de terre râpées qui est glissée entre la peau et le blanc. C'est tout simple, mais ça fonctionne à merveille. J'ai piqué l'idée à Edward Lee dans son livre 'Smoke and Pickles' qui est un de mes coups de coeur de l'an dernier.





Ingrédients:

2-3 pommes de terre de taille moyenne
1 poulet fermier ou label rouge
2 cuill à soupe de ghee ou de beurre
Sel, poivre



Préparation:

Pelez les pommes de terre et passez les à la grosse râpe. Pressez fortement entre vos mains pour retirer le maximum d'eau. Faites revenir les pommes de terres râpées dans une cuill à soupe de beurre avec du sel et du poivre pendant 2 minutes sur feu vif. Transférez dans une assiette pour refroidir.

Massez la peau du poulet au niveau des blancs. En commençant par le croupion, passez vos doigts doucement entre la chair et la peau, de manière à décoller celle-ci des des côtés de l'os central. Faites de même en commençant côté cou. Placez les pommes de terre râpées refroidies entre peau et chair en tassant bien.



Enduisez l'extérieur du poulet (en massant bien) avec sel, poivre et le reste de ghee (ou de l'huile d'olive).
Faites chauffer sur le feu un plat allant également au four, placez y le poulet côté blanc pendant 2 minutes pour le colorer, puis retourner le et enfournez à four chaud (200°C) pour une heure environ.

Quand le poulet est cuit (quand on pique la cuisse, le jus qui s'écoule doit être clair), sortez le du four et laissez reposer 10 minutes couvert d'un papier alu avant de le découper. Servez chaud, par exemple avec des carottes au gingembre et au whisky.

Bon appétit!


mardi 24 mars 2015

Gâteau triple-whisky et poivre




Un gâteau de type cake, relativement décadent (normal, c'est une recette américaine! - tirée du bouquin 'Baked Elements', qui regorge de recettes plus tentantes les unes que les autres), qui dans la recette originale était au rhum, mais pour lequel j'ai préféré associer le poivre aux arômes fumés-tourbés de bons whiskys écossais. J'ai utilisé un joli moule ancien que la grand-mère de Benoît m'a très gentiment donné: ça a plus de classe qu'un moule en silicone quand même! ;-)

Ce dessert est riche, donc, et assez consistant: l'avantage c'est qu'avec cette recette vous en avez bien pour 10-12 personnes si vous le servez en fin de repas. Bon, par contre vue la belle triple-quantité de whisky, c'est plutôt un gâteau pour adultes, hein: il y en a dans la pâte à gâteau même, puis dans le sirop d'imbibage, puis dans le glaçage dégoulinant.

Nous on n'a pas résisté, et on s'est même servis un petit (si petit ;-)) whisky en accompagnement: grandeur et décadence ;-)





Ingrédients:

Pour le gâteau:

380g de farine
1 cuill à café de bicarbonate de sodium
1 cuill à café de levure chimique
2 cuill à café de poivre noir fraîchement moulu
250g de beurre salé
200g de sucre
200g de cassonade brune
3 oeufs entiers + 1 jaune
250ml de lait battu (lait ribot, buttermilk)
180ml de whisky
1 cuill à café d'extrait de vanille


Pour le sirop:

100g de beurre
60g de sucre
60ml de whisky

Pour le glaçage:

110g de sucre impalpable (sucre glace)
40g de beurre fondu
2 à 3 cuill à soupe de whisky

 

Préparation:

Beurrez et farinez un grand moule (type 'bundt' aux Etats-unis) d'une contenance d'environ 2 litres.
Mélangez farine, bicarbonate, levure et poivre dans un bol.
Dans un pichet, mixez lait ribot, vanille et whisky.
Dans un autre grand bol, mélangez au batteur le beurre mou avec le sucre blanc et la cassonade. Après 3-4 minutes, quand le mélange est aérien, ajoutez les oeufs un à un puis le jaune.
Ajoutez-y un tiers du mélange de farine en battant, puis la moitié du mélange lait battu-whisky, puis le deuxième tiers de farine, le reste de lait battu et enfin le reste de farine.
Versez dans le moule préparé, lissez le dessus et enfournez à 180°C pour une heure environ.
Vérifiez la cuisson à l'aide d'une pique, puis laissez refroidir 30 minutes sur une grille avant de retournez le gâteau pour le démouler. Laissez bien refroidir.

Quand le gâteau est refroidi, retournez le dans son moule et piquez le à plusieurs endroits avec une pique à brochette. Faites chauffez à feu doux le beurre et le sucre pour le sirop avec 3 cuill à soupe d'eau en remuant. Quand le sucre est dissout et le beurre fondu, augmentez le feu et laissez bouillonner 2-3 minutes. Retirez du feu, transférez dans un bol pour refroidir légèrement et ajoutez alors le whisky. Fouettez bien puis versez lentement ce mélange à la cuillère sur le gâteau dans son moule. Laissez imbiber trois heures ou plus.

Au bout de ce temps, démoulez le gâteau sur son plat de service. Pour le glaçage: versez le beurre fondu sur le sucre impalpable tamisé: mélangez bien puis ajoutez le whisky. Fouettez jusqu'à obtenir une consistance brillante et pas trop liquide (le glaçage va devenir plus visqueux en refroidissant.
Versez à la cuillère sur le gâteau et laissez le glaçage prendre pendant 30 minutes environ.

Servez fièrement (en petites parts quand même)!

Bon appétit!

vendredi 20 mars 2015

Omelette aux herbes pour le nouvel an perse (Koukou Sabzi)



Cette nuit, c'est l'équinoxe, qui marque le début du printemps de notre calendrier mais qui est aussi la date du Norouz, le nouvel an perse. L'occasion pour les familles d'Iran, de Turquie, et de nombreux autres pays voisins de célébrer en se réunissant autour de bons repas ou en visitant les amis.

Une des recettes emblématique du Norouz en Iran est le 'Kuku Sabzi', une omelette très riche en herbes fraîches qui sent très bon le printemps. Je vous avais déjà proposé une recette de kuku il y a deux ans, aux coings: cette fois c'est une version salée. Vous pouvez modifier les proportions d'herbes selon ce que vous trouvez et ce que vous aimez, mais sachez qu'il en faut une grande quantité. On garni généralement ce kuku de baies d'épine-vinette (zereshk): comme mon épicier syrien n'en avait plus, j'ai remplacé par des canneberges séchées: c'est un peu plus sucré, mais ça fonctionne aussi.





Ingrédients:

4 oeufs
Beaucoup d'herbes fraîches (oignons jeunes, aneth, persil, coriandre, fenugrec, épinards)
1 cuill à café de mélange d'épice iranien (pétales de rose, cardamome, cannelle, cumin)
1 cuill à café de curcuma
1 cuill à café de sel
1 cuill à café de bicarbonate de sodium ou levure chimique
1 cuill à café de poivre noir moulu
1 cuill à café de farine 
1 gousse d'ail, hachée
1 poignée de cerneaux de noix, grossièrement hachés

Pour la garniture:
1 poignée de baies d'épine-vinette séchées ou de canneberges séchées, hachées
2 cuill à soupe d'eau
1 cuill à café de mélasse de raisin ou de cassonade brune
1 cuill à soupe de ghee ou de beurre



Préparation:

Faites chauffer dans une petite casserole les ingrédients pour la garniture pendant 2-3 minutes jusqu'à ce que les baies soient légèrement confites et brillantes. Réservez.
Lavez et séchez les herbes. Hachez les finement (pour les oignons jeunes, utilisez les parties vertes et les parties blanches). Battez les oeufs dans un grand saladier et ajoutez tous les ingrédients (sauf la garniture), mélangez pour bien enrober les herbes d'oeuf.

Faites bien chauffer une poele à fond épais. Mettez y une cuill à soupe d'huile, puis versez le mélange aux herbes. Faites cuire pendant quelques minutes jusqu'à ce le fond soit bien doré. Ensuite vous avez plusieurs solution: vous pouvez retourner l'omelette pour la cuire de l'autre côté (en entier ou en la coupant en quarts) ou faire comme moi et la passer sous le grill pour finir la cuisson.

Servir chaud, tiède ou froid garni de baies confites, avec du pain lavash par exemple et du yaourt égoutté.

Bon appétit et Joyeux Norouz!





mardi 17 mars 2015

Carottes au gingembre et au whisky




Après la folie des gins en 2014, 2015 risque bien d'être l'année du whisky, et c'est vrai qu'une fois qu'on a goûté un vrai bon whisky (oubliez les whiskys bas de gamme qui vous ont dégoûté lors de vos années étudiantes, on devient vite accroc aux notes tourbées, fumées, vanillées des whiskys de qualité.

Et même en cuisine le whisky trouve facilement sa place. Ici associé à une vraie belle dose de gingembre frais (il faut que ça pique!), un peu de cassonade et de jus d'orange, il enrobe ces jeunes carottes de saveurs fortes tout simplement irrésistibles. A tester sur ceux qui d'habitude ont du mal avec les carottes!





Ingrédients:

500g de jeunes carottes
3 cuill à soupe de beurre ou de ghee
3 cuill à soupe de gingembre émincé ou rapé à la microplane
2 cuill à soupe de cassonade brune
3 cuill à soupe de bon whisky
le jus d'une orange
sel, poivre




Préparation:

Lavez bien et grattez la peau des jeunes carottes. Coupez les en deux ou en quatre selon leur épaisseur.
Faites fondre le beurre ou le ghee sur feu vif dans une grande sauteuse. Ajoutez les carottes et faites les revenir pendant quelques minutes pour les ramollir. Ajoutez la cassonade et le gingembre rapé, faites revenir deux minutes le temps que la cassonade soit dissoute. Ajoutez alors le whisky et le jus d'orange. Faites mijoter à couvert jusqu'à ce que les carottes soient cuites à votre goût. Salez et poivrez avant de servir chaud.


Bon appétit!

vendredi 13 mars 2015

Mochi à l'agar-agar (Shingen Mochi)




Une recette toute bête mais très élégante, que j'ai eu envie de tester en voyant passer ce lien sur facebook, à propos de ce nouveau dessert à la mode, pour lequel les japonais font paraît-il la queue dans la préfecture de Yamanashi comme les New-yorkais le font pour les cronuts ;-)



Ce qui est sûr, c'est que ce 'shingen mochi' est beaucoup plus léger que le cronut: de l'eau, un peu de sucre, une pincée d'agar... et c'est tout! Un peu de poudre de soja grillé (kinako) et de sirop de candi (ou de sucre noir japonais) pour accompagner et vous voilà prêt à épater la galerie! J'ai été agréablement surpris: c'est bien meilleur que la liste des ingrédients ne pourrait le laisser croire. Les accompagnement ont quand même leur importance: sans le kinako et le sirop de candi, ce dessert perd de son intérêt.




Le plus difficile est de trouver le bon dosage d'agar pour un résultat transparent mais qui soit quand même pris. J'ai utilisé un moule à glaçon (en silicone) en forme de diamant, mais la version dans un bol donne un bel effet aussi.




Ingrédients:

1/3 cuill à café de poudre d'agar-agar
2 cuill à café de sucre
100ml d'eau

poudre de soja grillé (kinako) et sirop de candi pour accompagner




Préparation:

Mélanger sucre et agar dans une petite casserole. Ajoutez l'eau, mettez sur le feu et amenez à ébullition. Laisser bouillir 30 secondes, retirez du feu, laissez refroidir 30 secondes avant de verser dans le moule de votre choix ou dans un bol bien lisse.

Laissez refroidir totalement à température ambiante, démoulez et servez accompagné de kinako et de sirop de candi.

Bon appétit!


mardi 10 mars 2015

Curry de pois chiches et de pommes de terre 'Pindi'




On n'a jamais trop de recettes de curry de pois chiches, en tout cas c'est ce que je pense, surtout si on veut se faire très plaisir en mangeant parfaitement équilibré. Cette version née au Pakistan et répandue en Inde depuis est caractérisée par son goût épicé et acidulé et le fait qu'il y a peu de sauce: il en faut juste assez pour enrober les pois chiches d'une couche bien parfumée.

La touche acidulée est apportée par deux produits qui ne se trouvent probablement pas dans vos placards: la poudre de mangue verte (amchor) et les grains de grenades séchés (anardana): c'est le moment d'aller faire un tour dans une épicerie indienne ou sur le web ;-)





Ingrédients:

250g de pois chiches secs (pois chiches bruns pour moi)
1 sachet de thé noir
4 pommes de terre à chair ferme de taille moyenne, pelées et taillées en cubes
1 cuill à soupe de coriandre en poudre
1 cuill à soupe de cumin en poudre
0,5 cuill à soupe de piment rouge en poudre (plus ou moins selon votre goût)
3 cuill à soupe de poudre de mangue verte (amchor)
2 cuill à soupe de graines de grenade séchées réduites en poudre (anardana)
2 cuill à café de 'black salt' (sel noir souffré indien, du sel normal à défaut)
2 cuill à soupe de garam masala
1 oignon
3 cuill à soupe d'huile
coriandre pour garnir

Préparation:

La veille, lavez les pois chiches, couvrez les très largement d'eau et laissez tremper pendant la nuit.
Le jour même, rincez les pois chiches et faites cuire dans une grand volume  d'eau (non salée) avec le sachet de thé sous pression. Comptez 30 minutes à partir du moment ou la soupape siffle. Au bout de ce temps, coupez le feu et laissez tiédir sous pression, puis égouttez les pois chiches.

Dans une grande cocotte, réunissez tous les ingrédients sauf oignon, huile et coriandre. Ajoutez juste assez d'eau pour à peine recouvrir, amenez à ébullition sur feu moyen, puis faites mijoter à semi-couvert jusqu'à ce que la sauce soit en partie réduite et les dés de pomme de terre tendres.
Dans une autre poele, faites revenir l'oignon haché dans une cuill à soupe d'huile jusqu'à ce qu'il commence à brunir: ajoutez dans la cocotte.
Finissez la cuisson à découvert pour évaporer presque toute la sauce. Dans une petite casserole faites chauffer le reste d'huile jusqu'à ce qu'elle commence à fumer. Versez alors sur le curry en mélangeant: cette technique va griller les épices et donner le parfum final au plat.

Servez bien chaud garni de coriandre hachée.

Bon appétit!


vendredi 6 mars 2015

Gâteau chocolat et pignons de pin du Nouveau-Mexique



J'utilise rarement les pignons de pins en pâtisserie. C'est un tort, parceque c'est vraiment délicieux, comme dans cette recette des amérindiens du Nouveau-Mexique. Un gâteau qui est traditionnellement préparé pour la fête du Saint Patron dans les villages.

J'ai tiré cette recette du livre 'Food of the Southwest Indian Nations' de Lois Ellen Frank, un petit trésor que j'avais échangé lors de la dernière édition du salon du Blog Culinaire (il y a maintenant une bourse d'échange de livres et de matériel culinaire, je trouve ça génial).

Ce gâteau est un gâteau dense, de type brownie, pas trop gras, mais pas sec car il ne contient pas de farine. Les pignons de pins et la polenta lui apportent une texture intéressante et un parfum inimitable.




Ingrédients:

150g de pignons de pins
200g de chocolat noir à pâtisserie (77% de cacao pour moi)
1 cuill à café d'extrait de vanille
1 cuill à soupe de beurre
150g de sucre
3 cuill à soupe de polenta
6 jaunes d'oeufs




Préparation:

Faites fondre le chocolat en morceaux avec le beurre au bain-marie, mélangez bien.
Passez les pignons de pin au mixeur avec la polenta pour obtenir une crème de pignon avec encore un peu de texture.
Battez les jaunes d'oeufs avec le sucre et l'extrait de vanille. Ajoutez les pignons de pins mixés puis le chocolat fondu.
Mélangez bien et versez dans un moule à manqué de 23 cm de diamètre (au fond recouvert de papier sulfurisé). Enfournez pour 20 minutes à 180°C. Vérifiez que le gâteau est cuit en touchant le centre: la surface du gâteau doit être sèche et rebondir sous le doigt.

Laissez refroidir sur une grille, démoulez et saupoudrez de sucre glace en découpant un pochoir avec un motif géométrique. Servir avec une crème anglaise par exemple.

Bon appétit!



mardi 3 mars 2015

Sur les galets, des délices: découverte du restaurant 'L'Air de Rien' à Fontin


Bois et pierre pour une ambiance chaleureuse

 Fontin est un charmant petit village, tout en vieilles pierres, à quelques encablures de Liège. Dans ce petit écrin se niche un restaurant qui ne paye pas de mine: l'Air de Rien. Et c'est sûr, le nom dit presque tout: on pourrait passer devant le restaurant sans le remarquer, et pourtant, l'air de rien, il se passe dans cette unique petite salle, à la déco sobre et chaleureuse, de bien belles choses.




C'est un samedi d'hiver il y a peu que j'ai eu la chance d'être invité à découvrir ce lieu et la cuisine de Stéphane Diffels. Une découverte enthousiasmante: le chef est relativement réservé mais sa cuisine, aux accents de la région et de la saison, parle pour lui.

Amuse-bouches


Un menu découverte hivernal, où les plats se succèdent dans un enchaînement de saveurs bien réglé. Des saveurs parfois marquées et qui ravissent mon palais: Stéphane aime les fermentations (comme moi) et nous propose donc par exemple en amuse-bouche une carotte lacto-fermentée et graines de fenouil, ou plus tard une Saint-Jacques snackée avec pickles de poireaux et une délicieuse vinaigrette de jus de poireau fermenté et huile de laurier.


Aérienne 'Neige de Foie Gras'
Une des spécialités de Stéphane Diffels est sa 'Neige de foie gras'. Je crois que je vous l'ai déjà dit ici, mais le foie gras, ce n'est pas vraiment mon truc: et pourtant, ça, j'ai adoré: le foie est cru et sa texture 'comme de la neige' fait que le gras s'efface en bouche, pour laisser place aux autres saveurs sur la cuillère: coings et noisettes en l'occurrence, pour mon plus grand plaisir.



Le tartare de boeuf, servi sur un galet (récolté dans la rivière locale) est fumé au romarin et accompagné de câpres de capucines maison, qui ont attendu notre venue dans le leur saumure depuis l'été dernier. Comme j'aime les goûts fumés, j'ai apprécié, mais une petite touche de piment ou de moutarde pour relever le goût m'aurait bien plu.

Tartare de boeuf fumé au romarin, câpres de capucine
Le pigeon servi une purée de racines de persil était à tomber, mais je garde aussi un souvenir ému de l'oeuf 64, crème de lardons, oignons: le genre de recette qu'on aimerait faire à la maison quand la météo est grise et qu'on a besoin de réconfort.

Pigeon, racine de persil

Tout le repas (je ne vous décrit pas toutes les assiettes, pour une menu découverte à 62 euros, il y a de quoi largement s'occupper et bien remplir son estomac) a été accompagné de vins sélectionnés par Marc Delvenne. Les accords mets-vins ne sont pas ma spécialité, mais je n'ai pas boudé mon plaisir: il y avait quelques belles trouvailles (ah, ce Domaine Dupont-Fahn, Languedoc blans 2013) et des associations très réussies. Pour rester sur le terroir wallon, j'aurai bien aimé aussi une proposition autour de bières locales: je suis sûr qu'il y a moyen de faire de belles choses de ce côté ;-)




Dessert noisette, chocolat

Deux desserts et quelques mignardises plus tard, une dernière bonne surprise: 'L'air de Rien' propose une carte de thés qui tient la route: anecdotique pour beaucoup, mais pour moi, c'est important: finir un repas sur un vrai thé de qualité c'est important (j'ai opté pour un thé semi-fermenté très délicatement parfumé aux fleurs d'osmanthus).



Une très belle expérience donc que cette decouverte. Une fois quitté Fontin, que me reste t-il en tête? Quelques belles émotions culinaires, une atmosphère chaleureuse, un service attentionné et présent juste comme il faut, l'impression d'avoir, par la cuisine de Stéphane, découvert un peu l'âme de région entre galets de rivières et produits locaux.



En pratique:



Restaurant L’Air de Rien
23 Chemin de la Xhavée  4130 Esneux (Fontin)  Tél. 04 225 26 24  
Ouvert les mardi et samedi soir, et du mercredi au vendredi midi et soir.
Menu dégustation à 62 ou 69 euros


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